____J'ouvris la porte d'entrée maladroitement et jetai les clefs sur le comptoir de la cuisine. Je ne suis qu'une sotte, me répétais-je. Une sotte uniquement capable de causer du souci autour d'elle. Je ne pourrais pas accomplir un acte de bravoure pour une fois et faire preuve d'un peu plus de courage ? Non, décidément je crois que cela dépasse toutes mes capacités. Pourquoi fallait-il que le garçon à qui je tenais le plus – en temps qu'amis – n'éprouve pas les mêmes sentiments que moi ? N'étais-ce pas facile qu'il puisse m'aimer comme je le faisais en retour ? « Cela ne me suffit plus ». Il avait employé un ton quelque peu agacé, peut-être même irrité et blessé. Je me laissai tomber sur le sofa, déboussolée et dégoutée de moi-même. Une vois douce et familière me sortit de mes pensées.
__- Chérie je suis rentrée, criait ma maternelle du hall.
__- Je suis dans le salon, en lui répondant sur le même ton.
__- Bonne journée ?
__- Quasiment semblable aux semaines précédentes, ma voix sonnait délibérément faux, et toi ? Essayant à tout prix d'éviter les sujets amour et tout le reste.
__- Boulot, boulot, boulot, répondit-elle fatiguée.
__- Bon je monte faire mes devoirs et me prendre une douche.
__- Très bien, ne reste pas trop longtemps sous la douche, histoire de laisser de l'eau chaude aux autres membres de la famille.
__- J'eus un léger rire, compte sur moi maman !
____Je m'enfermai dans ma chambre et me mis au travaille. Environ une heure plus tard je me trouvais sous l'eau, bouillante. Je ne sais pourquoi mais cela m'apportais du réconfort. Sentir cette chaleur sur tout mon corps. Je n'aimais pas la froideur. Dans tous les sens du terme. Que se soit celle d'une personne ou même le climat. Il n'y a que la douceur de la nuit que j'appréciais. Sentir cette légère brise, caressant mes cheveux et me fouettant le visage. Ceci était agréable, mais se geler toute la journée avoir les chaussures remplis de neige atteignant mes pieds qui se congelaient au fur et à mesure. J'eus des frissons rien qu'a cette idée. Je me séchai le plus vite possible et enfilai un pyjama long, idéal pour le début hivernal. Je descendis reniflant l'odeur de pâtes à la sauce tomate. Mon père étant rentré nous pûmes passer à table et se fut un pur délice culinaire. Ma mère avait une sorte de sixième sens en matière de cuisine, et ce n'était pas pour me déplaire. Le repas finit, la table débarrassée et la vaisselle propre, je montai presque à reculons. J'appréhendais la nuit, je la redoutais d'une certaine façon. Pour moi dormir n'était qu'une perte de temps. Si l'on y réfléchissait bien, toutes les choses que l'on a pas pu faire dans la journée, manque de temps ou certaines choses ayant plus de priorité, et bien pourquoi ne pas les faire pendant la nuit ? C'est vrai, au lieu de toujours repousser pour qu'au final ça traine. Alors je triche un peu, j'essaye de réduire mon besoin de sommeil. Tout ça paraît tellement inutile et sans intérêt. C'est le seul moment que j'ai trouvé pour profiter de mes passions. Tel que le dessin ou bien la musique... Je retarde de plus en plus l'échéance, l'heure ou je vais devoir me retrouver seule, dans mon lit. Parce que le manque de temps n'est pas la seule raison qui me pousse à agir ainsi. Je redoute le soir, quand le ciel devient obscure et que le clair de lune apparait. Je redoute ce moment car c'est le seul où je me retrouve seule, face à moi même. Généralement les doutes apparaissent, la tristesse survient ainsi que la mélancolie pour laisser place désespoir et la déception. Certains regrets, je ressens en moi un vide, un vide interminable. Un vide si profond, qui grandit de plus en plus, chaque seconde. La journée, étant entourée, je n'y prête pas attention. Quand la solitude est grande cette douleur s'amplifie, ma respiration devient saccadée et les battements de mon c½ur s'accélèrent de plus en plus. Les larmes s'intensifient et la déprime est totale. Je sombre un peu plus chaque nuit... Et je ne peux pas y échapper. Je meurs, un peu plus chaque jour, à chaque larme versait. Après tout je ne suis plus qu'une âme en peine qui existe sans vivre...
____Après un réveil toujours aussi matinal, je me préparai et partis sans déjeuner, encore une fois. Une légère brise était toujours présente et venait caresser mon visage. J'appréhendais l'idée de me retrouver face à Layton depuis notre conversation d'hier. Le bruit incessant de klaxons me surpris et je fus soulagée d'apercevoir l'identique BMW d'hier matin.
__- Eh bien Olivia, tu es devenue sourde cette nuit ? Sa voix était moqueuse.
__- Non, j'affichai un sourire minime, j'étais dans mes pensées.
Il rit de bon c½ur et sans chercher à en savoir d'avantage il m'ouvrit la portière côté passager.
__- Monte, tu risquerais de tomber malade.
____A l'intérieure je constatai que Ester et Carter s'y trouvait déjà, assis à l'arrière. Ils me saluèrent et nous discutâmes jusqu'à ce que le moteur s'arrête. Je pris le chemin de ma salle d'anglais, essayant d'éviter les regard émeraude que j'aimais tant. Je m'assis à ma place habituelle et soufflai un peu rassurée. La voix autoritaire de ma prof me surprit.
__- Prenez un stylo et rangez tout le reste.
J'exécutai. Elle passa dans les rangs et distribua une feuille, vierge. Elle repartit à son bureau et ne nota qu'une seule et unique phrase sur le tableau. « Vous êtes éperdument amoureux/se ». Je restai tétanisée. Si il y avait bien une chose que je ne supportais pas – outre les brocolis – se fut bien l'amour. Je ne saurai l'expliquer. Après un quart d'heure l'inspiration n'était toujours pas là. Quelques mots n'ayant aucune signification étaient griffonnés puis rayés au brouillon. Les minutes passaient, passaient et rien ne venait. Je décidai qu'il fallait que j'écrive, au moins un mot. J'optai pour « horreur », puis me lançai dans le champ lexical de la souffrance, la douleur le dégout et tout autre chose péjorative. Juste des mots, aucune phrase, aucune liaison, des mots. Uniquement. La sonnerie annonça la fin du cours et je remis ma copie à la jeune femme énergique. Quelque chose ne devait pas tourner rond chez moi. Je suis sure qu'en évoquant le mot « amour » la totalité de ma classe songea au bonheur et à la joie. Au partage. Tandis que moi... Sans commentaire.
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Un chapitre sans grand intérêt.
On peut apercevoir la souffrance d'Olivia et le manque d'un "quelque chose".
Vous en apprenez aussi en peu plus sur son tempérament mais pas encore assez.
Tout ce que je peux vous dire c'est qu'elle est très mystérieuse et que vous n'êtes pas au bout
de vos surprises. En espérant qu'elle vous ai plus.
3 commentaires pour être prévenue, bonne nuit!
Bisous, fanny.